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Métiers émergents en gérontologie : présentation d’expériences emplois jeunes
Présentations d’expériences rassemblées par Ariane Développement Local et Ingénierie Sociale Jean Michel CAUDRON, pour leMinistère de l’Emploi (DGEFP) et de la Solidarité (DGAS) SOMMAIRE : 1ère partie : les expériences présentées lors de la journée technique « Les emplois jeunes en gérontologie » du 07/02/02 51] Accompagnateur de vie, maison de retraite associative Le Parc, Albi (81), 7 2] Conseiller restauration à domicile, service portage de repas à domicile du CCAS de Clermont-Ferrand (63), 9 3] Agent de développement en gérontologie, CCAS de Sarcelles (95) 11 4] Animateur sportif, association de SIEL BLEU, 13 5] Chauffeur-accompagnateur, association Vilcéna, Vincennes (94), 17 2ème partie : analyse d’expériences lors de l’étude réalisée par Ariane Développement Local, pour la DGAS et la DGEFP (octobre 2001) 23 1] Aide à l’autonomie pour les personnes désorientées, Fondation Bon Sauveur d’Alby, Albi (81), 25 2] Référent en restauration, Fondation Bon Sauveur d’Alby, Albi (81) 27 3] Assistant de convivialité, centre de gérontologie et d’accueil spécialisé de Chevreuse (78) 29 4] Animateur autour du domicile, SEMAD 24/24 (42) 31 5] Conteur-lecteur, maison de retraite associative St Joseph, Louveciennes (78) 33 6] Qualiticien, centre de rééducation et de réadaptation fonctionnel Le Grand Feu, Niort (79), 35 7] Agent d’accueil gérontologique, maison de retraite associative St Joseph, Noisy-le- Grand (93), 37 8] Agent d’accompagnement et soutien de personnes désorientées, maison de retraite La Sagesse, Pleurtuit (35), 39 9] Assistant de convivialité, résidence intercommunale La Trinité, Plozevet (29), 41 10] Accompagnateur de vie sociale, maison de retraite associative St François, Rennes (35), 43 11] Coordonnateur chargé du développement de la vie associative, association Ages et Vie, Vitry-sur-Seine (94), 45 3ème partie : présentations d’expériences rassemblées par Ingénierie Sociale Jean MichelCAUDRON 471] Rapport d’étape sur les emplois jeunes au sein de l’association « Les Maisons d’Isatis » (mai 2001, rapport actualisé), 49 2] La collecte de mémoire, par Étienne CORDIER, collecteur de mémoire (emploi jeune) hôpital local de Fismes (51), 53 3] Les guides hospitaliers, association APH, Centre Hospitalier Flaubert, Le Havre (76), 59 4] Les emplois jeunes de l’association ARCADIA, Roanne (42), 61 5] Fiches-métiers de l’ADEHPA. 63
1ère partie : les expériences présentées lors de la journée technique « Les emplois jeunes en gérontologie » du 07/02/02
Accompagnateur de vie analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Conseiller en restauration à domicile Présentation rédigée par Géraldine LAGRADO, conseillère restauration à domicile (emploi jeune), service portage de repas à domicile du CCAS de Clermont-Ferrand (63) téléphone : 04.73.36.10.00 I - Travail personnel Prendre contact avec la clientèle par téléphone. La prise de RDV et la présentation de notre fonction. Etablissement des premiers menus et de la première livraison (horaires). Etablir le premier contact avec le bénéficiaire, donner les renseignements sur le fonctionnement du service et de ses modalités. Régler les conflits ou mécontentements (factures, livraison, rôle d’interlocuteur). Prendre contact avec la famille, tuteur pour les personnes en difficultés ou perturbées, assistantes sociales, service de maintien à domicile CCAS. Mise à jour régulière des dossiers des bénéficiaires (fichiers informatiques) et comptes-rendus des visites individuelles. Collaboration avec le secrétariat et les livreurs (programmation des tournées) pour des visites spontanées. Gestion d’un secteur défini. Une conseillère gère le parc automobile (réparations, pneumatiques, essence, agrément, entretien des véhicules). Une autre conseillère prend en charge l’état mensuel des effectifs (RAD –Repas A Domicile-, foyers CCAS) et les coûts d’approvisionnement (club, lieu de vie, CHRS) et définit le coût moyen d’un repas par mois. II – Travail RAD (Repas A Domicile) Il comprend la rédaction de divers comptes-rendus : w Compte-rendu mensuel des visites à domicile sur la satisfaction du service. w Compte-rendu des réunions livreurs. Il comprend la prise en charge, les réglages de l’étiqueteuse, et de l’enregistrement des étiquettes des menus suivants. Celles-ci comprennent des conseils de réchauffement des plats. Il comprend la participation à l’élaboration des menus du service des repas à domicile. La formation des nouveaux livreurs concernant leur outil de travail (terminal) est prise en charge par les conseillères. Des explications concernant l’ensemble du service sont également données (distribution d’une note de synthèse). III – Travaux en commun Préparation et élaboration de travaux spécifiques tels qu’enquêtes, courrier, autres prestations et bilans. Les statistiques sur le service font l’objet d’une mise à jour régulière. IV – RDV Visites à domicile des nouveaux clients. Visites de satisfaction du service. Suivi de la clientèle : Certaines personnes ont un besoin supplémentaire. Exemples : Ÿ Une personne mal voyante éprouve des difficultés à faire son menu et souhaite prendre le temps de choisir les repas, la présence d’une conseillère permet de satisfaire cette demande. Ÿ Suivre la consommation des personnes perturbées (pertes de mémoire ou perte d’appétit) et surveiller leur alimentation quotidienne. Ÿ Aide à la préparation du repas pour les personnes handicapées ou en difficultés de déplacement et isolées (jambe ou bras cassé). Le suivi de la clientèle implique une mise en situation au cas par cas. Une connaissance et approche personnalisées sont nécessaires pour un travail efficace.
Agent de développement gérontologique Présentation rédigée par Hafida BOUKACHAD, agent de développement gérontologique (emploi jeune), CCAS de Sarcelles (95) téléphone : 01.34.38.20.54 1. Présentation de la structure. Le centre communal d’action sociale de Sarcelles : Service de maintien à domicile : Aide à domicile. Portage de repas. Téléassistance. Petits travaux et courses. Déplacement chez un praticien ou à la banque. Service d’activités retraités : Galas. Thés dansants. Repas des anciens. Voyages. Clubs de troisième âge, etc
2. Définition du poste : Agent de développement gérontologique. Placée sous l’autorité hiérarchique de la directrice du CCAS. Travail avec l’ensemble de l’équipe de maintien à domicile. La création du poste d’agent de développement gérontologique a fait suite à l’audit réalisé par le CERIG Ingénierie Gérontologique en 1999, dans le cadre du développement de la politique d’hébergement. Cet audit a décelé une carence dans le circuit de l’information entre les différents partenaires engendrant un mauvais suivi du sujet âgé sur la commune. De ce fait, la municipalité a préconisé la mise en place d’une coordination gérontologique, afin d’apporter une réponse adaptée aux sarcellois, mais aussi pour mieux structurer le dispositif gérontologique de la ville. Le poste d’agent de développement gérontologique a été créé pour travailler sur les projets de la politique gérontologique de la ville. Projet : Etudier la mise en place d’une coordination gérontologique.Actions réalisées dans le cadre de ce poste : 1. DIAGNOSTIC : Evaluation des besoins et moyens existants en faveur des personnes âgées sur la ville et son environnement. Rencontre des partenaires et prestataires existants sur le territoire (associations, maisons de retraite, centres hospitaliers, etc.) , et recensement des missions de chacun. Réalisation d’un diagnostic opérant un repérage des dysfonctionnements et des besoins non pourvus. Présentation des différentes typologies de coordinations possibles. 2. CONCEPTION : Validation du diagnostic par l’élue chargée des personnes âgées. Définition de l’orientation : centre local d’information et de coordination gérontologique (CLIC). Montage et étude de conformité du projet avec la DDASS, par rapport aux exigences du cahier des charges envoyé par le CROSS. Projet + création des outils de la coordination : dossier individuel, outil d’évaluation, guide des prestations. 3. REALISATION : Soumission prochainement au conseil d’administration. PARALLELEMENT : Accompagnent du projet d’hébergement mis en place en lien avec les différents partenariats. Etc.
3. Quelles plus-values apportées par ce poste : auprès des personnes âgées : à moyen et long terme une meilleure prise en charge à travers une coordination des interventions des professionnels. pour les professionnels : écoute, partage des difficultés, rencontres des professionnels. pour le CCAS : amélioration de la qualité par un meilleur circuit de l’information entre les différents services, la mise en place d’outil d’évaluation de la satisfaction des bénéficiaires, à travers la création d’un guide, annuaire des professionnels et structures existantes. l’organisation du travail par la mise en place de réunion-coordination entre les différents services du maintien à domicile. pour les pratiques professionnelles du reste de l’équipe : réajustement progressif du travail de chacun par la création de protocoles de travail, circuit de l’information entre les différents services, meilleur suivi du bénéficiaire par la mise à jour de l’information. Création d’une meilleure cohésion de travail.
4. Quelles formations suivies par le jeune ? Préparation d’un diplôme universitaire d’ingénierie du vieillissement à la faculté de médecine et santé Paris 13. Complément de ma maîtrise de gestion et management de la santé. Elle affine les notions de gestion et montage de projet par une spécialisation du secteur. Elle apporte une étude globale au projet sous tous ses aspects : psychologique, technique, économique, social, etc.
5. Evolution du poste : A travers ce poste, j’ai acquis une expérience de terrain très enrichissante par la rencontre de professionnels, étude des logiques de travail, etc. Deux perspectives peuvent être envisageables : Coordinatrice gérontologique : par la mise en place de la coordination, Chef de projet gérontologique : développement de la politique gérontologique au niveau local.
Animateur sportif Dossier de présentation de l’association SIEL BLEU, transmis par Jean-Michel RICARD (emploi jeune), un des deux responsables-créateurs de l’association Association S. Fiche d’identité de l’organisme Association à but non lucratif, S.I.E.L BLEU a été créée le 28 septembre 1997 à Strasbourg. La création de l’association a été motivée par plusieurs objectifs généraux : • participer à la lutte contre les effets du vieillissement, par le maintien et l’amélioration de l’activité physique, et plus largement par l’organisation d’activités culturelles ou de loisirs. L’association tient à s’engager en faveur de cet objectif de santé publique et à favoriser le maintien de l’autonomie des seniors. • oeuvrer pour une meilleure qualité de vie des membres, par leur investissement dans des projets de loisirs actifs. Ce souci se traduit notamment par une écoute constante des participants et une adaptation de l’offre d’activités à leurs besoins et à leurs envies. • contribuer à lutter contre la solitude de certaines personnes âgées en créant du lien social : entre les participants aux différentes activités, entre les générations, notamment par le contact entre les membres et les responsables d’activités, salariés ou bénévoles. • faciliter l’accès le plus large possible des seniors à toutes les activités, en proposant des prestations aux meilleurs prix. Un prix plafond est fixé pour chaque activité et pour l’ensemble des établissements. L’association compte aujourd’hui 27 salariés sur 17 départements ( 06, 63, 67, 14, 25, 29, 68, 34, 75, 35, 44, 49, 59, 62, 78, 57, 10). Nous intervenons dans 400 maisons de retraite et S.I.E.L Bleu compte 5000 membres.
1) S.I.E.L Bleu : au service d’un projet social L’idée de départ était simple : il manque des activités physiques (adaptées et variées) pour les seniors, car la demande est de plus en plus importante. En effet, Il ne faut pas confondre « vieux » et « sénile ». Le nouvel âge, celui des seniors est le contraire d’une tragédie, puisqu’il représente trente ans de vie supplémentaire. Mais ce passage à la retraite n’est bien vécu par eux que s’ils réussissent à se maintenir en bonne santé et à occuper leur nouveau temps libre. L’idée, qui en a surpris plus d’un au début, fait son chemin. Le projet rencontre du scepticisme de la part de certains directeurs d’établissement, mais aussi de la part de certaines personnes âgées. Les barrières tombent vite, et le bouche-à-oreille aidant, S.I.E.L BLEU est sollicité. Au bout de seulement 4 ans d’existence, c’est 27 emplois (tous à temps plein) qui sont créés. Le soutien de l’État et des Conseils Généraux pour initier l’activité en maison de retraite porte ses fruits, et 400 établissements font déjà appel à nos services. Les directeurs de ces établissements ont d’ailleurs été surpris par la mobilisation de leur résident pour cette activité qu’ils attendent avec impatience. Les cours en long séjour ou en Cantou sont très appréciés et donnent des résultats surprenants. L’activité physique qui nous intéresse est celle qui est mise au service de l’individu. C’est un moyen d’aider la personne âgée dans sa vie de tous les jours. Elle permet les rencontres ainsi qu’un maintien et une amélioration du capital santé de l’individu. Elle doit leur permettre de repousser les effets de la dépendance et les handicaps liés au vieillissement. L’objectif est de réconcilier la personne âgée avec son corps, de le stimuler et de l’aider à communiquer. L’association se développe actuellement dans plusieurs départements et semble trouver un écho toujours aussi favorable
Nos Partenaires Le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité Le Secrétariat d’Etat aux Personnes Agées Le Conseil Général du Bas-Rhin Le Conseil Général du Calvados Le Conseil Général du Haut-Rhin Le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine Le Conseil Général de Loire Atlantique Le Conseil Général du Maine-et-Loire Le Conseil Général du Nord Le Conseil Général de la Somme Le Conseil Général des Yvelines La Sous-préfecture de Thionville Les CCAS et les Villes de Lille, Lens, Strasbourg et Illkirch-Graffenstaden La Caisse des Dépôts et Consignations Le Fond Social Européen La Fondation Vivendi Le groupe AG2R : Lauréat du premier prix régional de l’innovation sociale La Fondation Alsace : Lauréat du prix d’encouragement 2000 de la Fondation Alsace La Caisse Primaire d’Assurance Maladie La CNAV La Mutualité Sociale Agricole
Quelques repères - Les publics concernés : Les retraités « actifs », les personnes à domicile, les foyers-logements, les hôpitaux, les associations, les clubs, les centres socioculturels, les maisons de retraite, les sections« long séjour », les sections cantou, etc..
* prévisions Le nombre de participants : Nous avons environ 11 000 personnes qui suivent nos cours chaque semaine. Les activités : Gymnastique douce, gymnastique d’entretien, gymnastique sur chaise, danse sur chaise, ateliers de prévention des chutes, gymnastique spécifique pour les sections cantou ou long séjour, tir à l’arc, relaxation gymnique, gymnastique aquatique, randonnées pédestres, cours d’initiation à l’auto défense, musculation, stretching, swing golf, etc. Les prochaines ouvertures d’antennes en 2002 : Dans les départements suivants : 70, 77, 91, 94, 80, 60, 22, 56, 85, 33, 64, 48, 30, 13, 04, 63, 03, 15, 43, 69. - Le professionnalisme : Tous nos intervenants sont diplômés (minimum B.E.S.A.P.T ou DEUG S.T.A.P.S), et ont suivi une formation interne auprès de l’association S.I.E.L BLEU. Un diplôme spécifique s’est d’ailleurs mis en place, suite à notre expérience, à l’université Marc Bloch de Strasbourg dès la rentrée de septembre 2000. Il s’agit d’un DEUST « pratique et gestion des activités physiques, sportives et de loisirs pour les publics seniors ». - Les bienfaits : Le succès de nos séances ne se dément pas et la participation est très régulière. Par l’activité physique, la personne âgée va faire travailler ses muscles, avec pour résultat de permettre l’entretien et la restauration de la masse musculaire . Les personnes sont souvent étonnées de ce qu’elles sont encore capable de faire. D’autre part, il apparaît que ce genre de pratique améliore les conditions de vie du sujet. En effet, il améliore l’impression de forme physique, permet l’entretien d’autres aptitudes physiques, tel que le sens de la position dans l’espace, donc l’équilibre, la capacité respiratoire, ou la possibilité de se relever en cas de chute.
Chauffeur-accompagnateur Dossier de présentation de l’association Vilcéna Siège Social et bureaux : 54, rue de Strasbourg 94300 - VINCENNES Tél. : 01.41.74.08.03 Fax : 01.41.74.66.22 Site internet : vilcena.com GENESE ET PRESENTATION DU PROJET L’Association VILCENA a été créée en novembre 1997 sur l’initiative de trois personnes : Evelyne BOZON, aujourd’hui Présidente, Loïc LE BAYON, Vice-Président, Pascale JOUANDO, Directrice de l’association depuis septembre 98. Les membres du Bureau du Conseil d’Administration élu lors de la dernière Assemblée Générale sont : Présidente : Sophie VERMANDER –Chef d’Entreprise, Vice Président : Loïc Le Bayon –Opticien, Secrétaire : Michel MASAERO –Opticien, Trésorière : Jeannine FISHER –Comptable. L’objet de l’association est d’apporter une aide à la mobilité des personnes âgées et/ou handicapées, par la mise en place d’un service de transport-accompagnement, avec soutien nécessaire, sur le secteur de VINCENNES, FONTENAY-sous-BOIS, SAINT-MANDE… Ce service, après 4 ans d’existence, gère les déplacements de 500 adhérents (soit environ 600 personnes et 80 courses/jour) et a permis l’embauche de 13 salariés, dont 8 chauffeurs-accompagnateurs sous contrat CDI emploi-jeune. L’association a enregistré 618 adhésions depuis sa création, mais du fait de l’âge avancé des usagers, il est à noter une perte des adhérents d’environ 23 % sur une année (décès, départ en maison de retraite). Ces résultats démontrent que ce service répond aux besoins de déplacement des personnes à mobilité réduite (personnes âgées et/ou handicapées) pour les actes de la vie quotidienne, médecin, courses, démarches administratives, etc.. L’association enregistre de nombreuses demandes d’intervention de personnes âgées et/ou handicapées des villes avoisinantes. Le CONSEIL D’ADMINISTRATION a décidé d’élaborer un projet pour la création de deux antennes avec les soutiens financier financements accordés par les partenaires suivants : CONSEIL REGIONAL, CONSEIL GENERAL, CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS, FONDATION AGIR POUR L’EMPLOI France ACTIVE CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE MALADIE CAISSE NATIONALE D’ASSURANCE VIEILLESSE FONDATION VIVENDI FONDATION MACIF FONDATION CHEQUE DEJEUNER.
LE TRANSPORT-ACCOMPAGNEMENT : UNE DEMANDE SPECIFIQUE DE LA POPULATION VIEILLISSANTE Le service développé par VILCENA correspond à l’émergence d’une demande spécifique de la population française vieillissante et répond à ce besoin. Il doit donc être accessible à la majorité et ne pas être considéré comme un luxe et seulement réservé à une catégorie de personnes âgées aux revenus pouvant supporter cette charge. Cette activité s’inscrit dans la politique du maintien à domicile, donc dans une économie sociale, à la frontière des secteurs marchands et non-marchands. La population concernée ne peut bénéficier d’aucun service public existant (autobus inaccessible, station trop éloignée, attente pénible, refus des taxis pour des trajets trop courts, pas d’aide physique et accompagnement impossible, erc.) d’où la nécessité de créer une structure efficace et bien adaptée. Les projections démographiques permettent de prévoir pour les décennies à venir une augmentation considérable de la population âgée (+40% d’ici 40 ans alors que dans le même temps la population totale n’augmentera que de 7% environ). Cela est dû à l’allongement significatif de l’espérance de vie, d’une part et à l’arrivée à l’âge de la retraite des générations du « baby-boom », d’autre part. Les gains d’espérance de vie les plus forts s’observent actuellement aux âges élevés voire très élevés. C’est ainsi que les personnes âgées de plus de 75 ans devraient passer de 3.6 millions en 1993 à 6 millions en 2020. Dans ce contexte, le traitement médical, psychologique et social de la dépendance même légère, liée à l’âge, est devenue une préoccupation majeure des instances gérontologiques, préoccupation qui rejoint évidemment par extension les autres types de dépendance (handicap).
LE MAINTIEN A DOMICILE ET LE TRANSPORT-ACCOMPAGNEMENT : Aujourd’hui, la politique de maintien à domicile constitue une des réponses privilégiées par le corps social. La création de la prestation spécifique dépendance s’inscrit dans cette volonté d’améliorer les conditions de maintien à domicile des personnes âgées. Les résultats de l’expérimentation effectuée dans 12 départements français montrent que 80% des problèmes de vie quotidiens rencontrés par les personnes âgées dépendantes ont trouvé une réponse dans le cadre de cette mesure. Or, ces réponses techniques ne doivent pas occulter l’enjeu essentiel du maintien à domicile, à savoir préserver au maximum l’autonomie, la capacité d’initiative et l’insertion dans la vie sociale des personnes concernées. C’est là tout autant une question de dignité humaine que d’efficacité dans la prévention et le traitement de la dépendance. L’aide à la mobilité est au cœur de cet impératif ; pouvoir se déplacer facilement hors de chez soi, c’est conserver une vie sociale et relationnelle épanouissante, maîtriser son environnement et les actes de la vie au quotidien, décider librement de son emploi du temps et de ses activités et plus simplement solliciter son corps… Par ailleurs, la demande émanant des personnes handicapées (non âgées) est similaire sous bien des aspects techniques à celle des personnes âgées. Il est difficile d’établir avec exactitude le nombre de personnes à mobilité réduite nécessitant une aide au déplacement. Si on sait que 1% de la population vit en fauteuil, les personnes handicapées représentent entre 2 et 9 % de la population selon les critères retenus, y compris les personnes âgées handicapées qui constituent plus de 62 % de cette catégorie. Le champ couvert par le transport et l’accompagnement des personnes s’étend au-delà des personnes à mobilité réduite dans l’acceptation réduite du terme (les femmes enceintes ou avec des enfants en bas âge, les personnes malades, accidentées ou convalescentes, font partie de cette population). Le transport et l’accompagnement dépassent largement le strict cadre du déplacement ; la demande de transport des personnes confrontées à des problèmes chroniques de mobilité exprime tout autant un besoin d’accompagnement humain, qu’il s’agisse d’une aide physique (assurance de l’équilibre, aide dans un escalier, faire les courses, porter les sacs…) ou simplement d’une présence amicale et réconfortante (résoudre les soucis quotidiens, éloigner la solitude, échanger, réaliser certaines démarches…).
UN BESOIN dominé par les préoccupations médicales : La population âgée ne constitue pas une classe de population homogène. Les motivations et la fréquence des sorties hors du domicile sont très contrastées selon les milieux : style de vie et culture sociale, état de vie (couple, veuvage ou célibat), état de santé, niveau de revenus, lieu de résidence, capacité de conduite… sont autant de facteurs modulant les comportements face au déplacement. Une étude réalisée en novembre 1994 auprès des personnes de plus de 75 ans, (en milieu urbain exclusivement) met en évidence qu’un quart des personnes âgées est confrontée à des problèmes d’accessibilité de leur logement (généralement appartement en étage et non desservi par un ascenseur). Une grande part de la demande enregistrée par les services de transports et d’accompagnement porte sur des rendez-vous médicaux ou paramédicaux qui supposent souvent des trajets plus longs que les courses quotidiennes dans l’épicerie voisine faîtes de façon autonome.
UN PROJET SOLIDAIRE La création de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie démontre la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions de maintien à domicile des personnes âgées. Il est à souhaiter que le service de transport-accompagnement s’inscrive dans cette complémentarité. Les besoins ressentis par les personnes âgées en matière d’accompagnement s’expriment peu et avec une certaine réticence. Dans le débat public, cette catégorie de population ne dispose pas à l’instar des milieux handicapés d’une identité de groupe social forte et donc de relais d’opinions. Ce sont donc les spécialistes de la gérontologie et les sociologues qui prennent la parole en leur nom. Par ailleurs, les personnes âgées craignent souvent d’importuner leur entourage avec leurs soucis ou de se voir confisquer leur libre arbitre par des bonnes volontés envahissantes. Le rôle des prescripteurs naturels auxquels elles accordent leur confiance, et en premier lieu le corps médical, est donc primordial pour effectuer la médiation entre l’offre de services potentielle et la demande latente. Ces prescripteurs sont à la fois bien placés pour convaincre les intéressés de l’intérêt d’utiliser un service d’accompagnement et dans le même temps renseigner, dans le respect de la confidentialité, les porteurs de projet en quête de leur marché. VILCENA s’est appuyé sur cet aspect de la demande en démarchant directement le corps médical durant la campagne de communication lancée en octobre 98. La demande de transport et d’accompagnement n’est donc pas spontanée. Il faut provoquer une demande qui n’est pas naturelle. Le recours à un service payant génère un sentiment d’autonomie chez le bénéficiaire qui ne craint plus d’abuser de la gentillesse de ses proches, lui redonne l’initiative de la démarche et le place en situation de client.
LE FONCTIONNEMENT DE VILCENA UN SERVICE INDIVIDUALISE – UN INTERET COLLECTIF L’action de VILCENA s’inscrit dans le cadre d’une action sociale et collective. Dans ces conditions, la prestation rendue est à la frontière du service marchand et non-marchand. D’un côté, elle répond à une demande individualisée fondamentale qui doit être solvable, et d’autre part, elle prend part à des enjeux collectifs en favorisant le maintien à domicile et en réalisant des économies de frais d’hospitalisation. Enfin, elle participe globalement à une action de cohésion sociale en permettant à des gens de continuer à avoir une vie normale en société. La dépendance, même vis-à-vis de leurs enfants (pas toujours disponibles) leur est très souvent pénible, leur donnant l’impression d’être une charge pour autrui. La qualité de la relation qui s’instaure entre le client et l’accompagnateur détermine une utilisation fréquente, et peut devenir prépondérante sur l’aspect mobilité. Le caractère d’autant plus volontiers individualiste des personnes âgées fait qu’elles ressentent souvent la menace d’une diminution de leur autonomie et réclament une relation exclusive et personnalisée. Elles se montrent particulièrement réticentes à partager l’utilisation d’un service d’accompagnement avec d’autres. Il n’est donc pas question que l’accompagnateur fasse un crochet pour prendre en charge un autre client qui a demandé le service à la même heure et dans le même secteur. De même, les formules groupant 2 ou 3 personnes moyennant une réduction avantageuse rencontrent un accueil très mitigé. La logique d’un service de proximité où prime la relation humaine s’accommode assez mal d’un traitement collectif. Il est a noter l’impossibilité de standardiser le service : par exemple, pour la même prestation, le temps d’intervention peut être totalement différent selon l’handicap de la personne prise en charge : 1er exemple : Mme S. (87 ans), encore alerte, mais fatigable à la marche, se rend chez son dentiste dans la commune. Elle attend la voiture à l’heure convenue en bas de chez elle, et le chauffeur la dépose à l’entrée de l’immeuble du dentiste : durée de l’intervention : 5 mn – coût pour l’usager : 40 F idem au retour. 2ème exemple : Mme G. (96 ans) habite un 4ème étage sans ascenseur, et a beaucoup de difficultés pour se déplacer. Nous devons la soutenir pour descendre les escaliers, l’installer dans le fauteuil roulant de l’association pour l’amener jusqu’au véhicule puis l’accompagner dans le salon d’attente du dentiste - temps consacré à cette mise en place : 1 heure - coût pour l’usager : 40 F ALLER – 40 F RETOUR (soit 2 heures) Il aurait fallu lui demander 320 F (devions-nous faire payer son handicap ?) ses revenus ne le lui permettent pas, et cependant, il s’agit bien là de répondre à un besoin essentiel… VILCENA a la volonté de répondre à un besoin de société, et s’attache au maintien de tarifs les plus ajustés possible de manière à permettre aux plus modestes de bénéficier de ses services. Parallèlement, la source de nouveaux emplois générés par cette activité, répond totalement aux préoccupations politiques et d’économie solidaire. La richesse des relations inter-génération constatée depuis le début de l’activité par les « adultes » dirigeants ne fait que confirmer l’importance d’un tel service pour tous et toutes, toutes générations confondues. De plus, s’attacher aux besoins des personnes âgées d’aujourd’hui, c’est mettre en place les structures pour les personnes âgées de demain, c’est à dire, nous. La solidarité entre les générations trouve son équilibre dans ce projet : répondre à un besoin évident par la création d’emplois. Sur le secteur expérimental de VINCENNES –SAINT-MANDE ET FONTENAY-sous-BOIS, l’utilisateur est parfaitement conscient et satisfait que l’aide qui lui est proposée génère de nouveaux emplois. De même, les chauffeurs, qui sont choisis et testés d’après leur « fibre sociale » et leur besoin de donner, prennent à cœur de répondre à l’attente des personnes qu’ils accompagnent en respectant leur personnalité et en prenant en charge leur handicap.
UN SERVICE SIMPLE ET ADAPTE Un simple coup de téléphone le matin pour avoir à disposition un accompagnateur et une voiture pour l’après-midi même. Un système simple, souple et fiable : une adhésion annuelle, l’achat d’un carnet de tickets pour éviter trop de manipulation d’argent, et une utilisation du service selon ses besoins, régulièrement ou ponctuellement, quelque soit le motif : médical ou paramédical, les courses, les loisirs. Une organisation qui s’adapte au handicap, léger ou plus important (véhicule adapté pour les personnes en fauteuil).
PAS DE CONCURRENCE : Le taxi ne peut se permettre d’aller chercher une personne handicapée au 4ème étage pour l’aider à descendre son escalier et l’installer dans la salle d’attente du médecin. Les trajets trop courts lui sont difficiles à assumer. Pour VILCENA, le véhicule est un outil du déplacement ; le temps passé avec l’adhérent en dehors de la voiture est souvent beaucoup plus important que le temps du transport. Les déplacements chez un médecin ou pour une consultation hospitalière ne nécessitent pas un déplacement en ambulance, mais seulement une présence sécurisante (remplacer la famille pas disponible). Vilcena n’a pas vocation de transporter des personnes malades, en phase aigûe, nécessitant la présence d’un personnel médicalement formé. Chauffeur-accompagnateur est un métier différent, complémentaire.
L’ACTIVITE DE VILCENA DEPUIS SA CREATION L’activité importante de l’association démontre que ce système correspond bien à l’attente et s’adapte aux besoins des usagers.
A ce jour, il est effectué régulièrement de 80 à 100 courses jour, soit une moyenne de 14 à 15 accompagnements/jour/chauffeur pour 480 adhérents actifs (618 inscriptions reçues depuis la création).
Atteindre l’équilibre budgétaire nécessaire sans renoncer aux objectifs sociaux Aujourd’hui, quatre années complètes d’activité tendent à apporter des références fiables et réalistes. On peut décomposer ces années comme suit : 1ère année (1997-1998) : année de configuration : évaluation des besoins –étude du marché et de faisabilité. La recherche de financement, et donc le besoin de convaincre les éventuels partenaires a nécessité une certaine prise de risques des membres fondateurs qui n’ont pas hésité à fournir les premiers fonds propres et à s’investir personnellement pour démontrer et prouver la nécessité et la faisabilité d’un tel service. En mai 1998, la Fondation VIVENDI a été le premier partenaire à soutenir VILCENA (140 000 francs pour l’achat de deux véhicules). 2ème année et 3ème année (1999 – 2000) : mise en place du dispositif emploi-jeune et obtention de 6 postes de chauffeurs –montée en charge et augmentation du volume d’activité– ajustement progressif du coût de la course. Cette expérience a permis de déterminer l’importance des besoins, organiser et gérer les demandes : de 80 à 100 courses par jour.
Le développement : répondre à un besoin et assurer la pérennité Cette activité a un coût de fonctionnement très élevé : véhicules, assurances, carburants, téléphones portables, ce qui est la principale raison du non développement de cette activité sur le territoire en dépit de sa nécessité évidente. Le coût total d’une prestation, en stade de démarrage, ne peut être supporté par l’usager seul. Il est possible de faire baisser ce coût de revient en développant le volume d’activité et en recherchant une hybridation du financement avec les partenaires sociaux (CPAM, Mutuelles, Caisses de retraite, Conseil Général, Municipalités…) Les objectifs de développement passent par la création d’antennes. Les projets immédiats sont la création de deux nouveaux secteurs : SAINT-MAUR, CHAMPIGNY et CRETEIL, MAISONS-ALFORT, ALFORTVILLE. La création d’un secteur est basée sur le nombre d’habitants âgées de plus de 75 ans (95% des adhérents actuels –moyenne d’âge : 85 ans). SAINT-MAUR/CHAMPIGNY = 10 302 personnes âgées de + 75 ans CRETEIL = 8 235 personnes âgées de + 75 ans. Créer des antennes répond à deux priorités essentielles : assurer la pérennité de la structure (économie d’échelle, augmentation du volume d’activité, reconnaissance de l’activité par les institutionnels (pouvoirs publics, institutions territoriales, population), et élargir l’offre de service pour répondre aux besoins d’une population en attente (personnes âgées et/ou à mobilité réduite). Ce projet entraînera : la création d’emplois à plein temps, la professionnalisation de ces emplois avec perspectives de carrières, la consolidation de la structure existante, l’amélioration du maintien à domicile (lien social, suivi médical, autonomie, etc.), l’économie sociale et solidaire à l’échelle locale. La volonté de créer ces antennes en 2001 s’appuie sur l’opportunité du dispositif « emplois-jeunes » jusqu’à la fin 2001, pour ainsi mettre en place les bases du développement et avoir suffisamment de temps pour atteindre l’autonomie financière à la fin de l’aide de l’État (2006). L’élargissement géographique de la zone du service servira également à obtenir une reconnaissance plus large de la nécessité de répondre à ce besoin d’aide aux déplacements des personnes à mobilité réduite.
Facteurs de succès 1°) l’activité répond à un réel besoin et à la demande de personnes de plus en plus désireuses de conserver leur autonomie et leurs habitudes malgré les difficultés de mobilité. 2°) La qualité des relations des adhérents avec les responsables et les chauffeurs de l’association. 3°) Expérience et savoir-faire de l’association. 4°) Augmentation de la population âgée (+5,6% d’ici 2020) donc des usagers potentiels. 5°) Activité citoyenne inter-génération présentant un impact positif sur la vie d’une cité, et concernant l’ensemble de toutes les générations confondues, utilité sociale. 6°) Relance permanente de la communication –et soutien des prescripteurs (médecins et paramédicaux). 7°) Pratique de tarifs adaptés.
2ème partie : analyse d’expériences lors de l’étude réalisée par Ariane Développement Local, pour la DGAS et la DGEFP (octobre 2001)
Aide à l’autonomie pour les personnes désorientées analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Référent en restauration analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Assistant de convivialité analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002
Animateur autour du domicile analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Conteur-lecteur analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Qualiticien analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Agent d’accueil gérontologique analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Agent d’accompagnement et soutien aux personnes désorientées analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Assistant de convivialité analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Accompagnateur de vie sociale analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
Coordonnateur chargé du développement de la vie associative analyse d’un entretien, réalisé sur la base de la semi-directivité et… de la convivialité, analyse validée par l’employeur en janvier 2002 Rendez-vous pris avec Cécile LAUNAY, responsable service emplois jeunes de la FEHAP
3ème partie : présentations d’expériences rassemblées par Ingénierie Sociale Jean Michel CAUDRON
Rapport d’étape sur les emplois jeunes au sein de l’association « Les Maisons d’ISATIS » Rapport actualisé en mai 2001 (téléphone : 01.47.26.61.61) L’association Les Maisons d’Isatis, issue de la volonté du groupe CDC, gère : un bureau d’études gérontologiques ; 9 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (MAPAD) ; des activités de bilans de santé pour retraités dans deux centres de prévention. Elle a signé ou contribué à signer diverses conventions avec les DDTE pour l’embauche de 11 salariés en contrat emplois jeunes, en lien avec des associations très proches : LA HARPE de Massy, instance de coordination pour le maintien à domicile des personnes âgées, née avec le concours d’Isatis ; L’ association gestionnaire de la Mapad de Noisy dont elle assure la gestion déléguée. Les embauches ont été lancées après une étude approfondie : « Des jeunes au service du grand âge, une opportunité pour introduire de nouveaux métiers dans les établissements de retraite médicalisée – Analyse des besoins et bilan de la mise en œuvre », financée par la Préfecture de Paris et, complémentairement, par la CDC. Les embauches ont été réalisées à partir de 1998 sur les profils suivants : agent d’accueil gérontologique ou agent d’accueil et d’information (3 jeunes) ; accompagnateur « personnalisé », accompagnateur« privilégié » ou accompagnateur en maison de retraite (5) ; coordinateur du lien social (1) ; coordinateur d’actions pour personnes âgées désorientées (1) ; aide évaluatrice (1). Le Conseil Général du Val de Marne finance de façon complémentaire cinq de ces postes ; celui de l’Essonne deux postes, ceux de Paris, de Seine Saint Denis, et des Yvelines, chacun un poste. Des réunions très régulières ont eu lieu avec les jeunes (à raison de 5 à 6 par an) plus quelques réunions de tutorat. A mi-parcours, soit deux ans et demi après les premières embauches, le constat nous semble fait que ces jeunes occupent des postes qui ne se réduisent pas aux postes existants « classiquement » dans le domaine des services aux personnes âgées au sein des MAPAD, mais aussi dans le domaine de la coordination gérontologique.
I - PROFIL DE POSTE Le profil de poste le plus fréquent des emplois-jeunes des Maisons ISATIS est « l’accompagnement personnalisé de la personne âgée ». Il s’identifie tant au moment de l’accueil (a) que tout au long de la vie quotidienne de la personne au sein de l’établissement (b). Il y a une vraie continuité entre le a et le b ; certains postes comprennent les deux aspects, qui ne sont présentés ici séparément que pour la bonne compréhension et parce que certains intitulés de postes mettent plutôt l’aspect sur l’un que sur l’autre. Le troisième profil de poste se trouve dans l’instance de coordination pour le maintien à domicile que constitue La Harpe (c). (a) accueil personnalisé (agent d’accueil personnalisé ou privilégié) : la personne âgée est prise en charge dès son arrivée par « l’accompagnateur », (ou « agent d’accueil gérontologique ») qui devient son référent. Il s’agit de désangoisser, d’établir un lien de confiance et d’accompagner les personnes âgées, ce qui se traduit par les tâches suivantes : - accueillir les nouveaux arrivants ; - établir ou maintenir des liens avec l’extérieur, avec la famille notamment ; - aider les résidents à s’approprier les espaces collectifs, et individuels ; - présenter les rôles et fonctions des différents personnels de la maison.
(b) accompagnateur personnalisé : l’accompagnement personnalisé au cours de la vie dans l’établissement, c’est : - susciter des activités qui contribuent à retarder la dépendance ; - répondre aux besoins et aux attentes de la personne âgée et, souvent, les anticiper ; - accorder un temps d’écoute, de confidence ; - être l’interface entre les professionnels, la famille, lorsque l’on estime que cela est nécessaire ; - être le lien avec l’extérieur (accompagner des sorties diverses, parler des évènements du quartier) ; - effectuer un travail administratif tout en maintenant le relationnel (ce qui se démarque de l’animation). N.B. : Version particulière de l’accompagnement personnalisé, le « coordinateur du lien social » ou « coordonnateur des actions bénévoles » : son rôle est de rechercher des bénévoles, pour répondre aux attentes des personnes âgées résidentes, et développer les liens entre l’intérieur et l’extérieur de l’établissement.
(c) Troisième profil de poste : « Agent d’accueil et d’information », au service des personnes âgées pour favoriser leur maintien à domicile dans le cadre d’une « coordination gérontologique » : sa fonction, au sein d’une coordination gérontologique communale, est de : - accueillir, informer et orienter les personnes âgées et leurs familles ; - recueillir les signalements téléphoniques en sachant déterminer les situations d’urgences ; - réaliser les dossiers de mise en place et de suivi, concernant l’adaptation de logements ; - préparer la mise à jour des fiches de coordination ; - suivi de la réalisation du plan d’aide individualisée ; - participer aux soutien de la personne âgée (faire les papiers …). Dans tous les cas, le poste « d’accompagnateur personnalisé » en maison de retraite est vécu comme étant un poste essentiel au bien-être de la personne, mais aussi, dans le cadre du suivi de celle-ci, aux professionnels. C’est un poste où la personne est prise dans sa globalité, à partir d’une écoute particulière, personnalisée, qui donne de la disponibilité lorsque cela est nécessaire . Il s’agit d’un projet de maintien d’autonomie de la personne âgée au sein du projet de vie global de l’établissement et du projet de vie (et de soins) individualisé. L’idée est de lutter contre l’institutionnalisme, le soignant à la chaîne. Par leur disponibilité et leur non affectation à des tâches précises, ces emplois peuvent contribuer à améliorer la prévention, à condition d’être bien intégrés et reconnus dans le rôle qu’ils jouent au sein des établissements. Tous ces postes, en établissement comme à domicile, visent la prévention des phénomènes de vieillissement : cette prévention peut se décliner sur 3 plans : - prévention primaire au niveau des quartiers, par une meilleure intégration de l’établissement dans le tissu social, par un travail de sensibilisation et de formation des habitants sur les sujets en lien avec le vieillissement tant pour eux-mêmes que pour les parents âgés (cf. l’aide aux aidants), - prévention secondaire pendant les premiers mois d’hébergement de la personne en établissement qui sont déterminant en matière d’adaptation, pour éviter les phénomènes de repli et l’accélération des processus de dégradation. - prévention tertiaire ou ré-adaptation à la suite d’un épisode aigu (maladie, hospitalisation, etc.), où les « emplois-jeunes » vont permettre de ré-amorcer quelque chose qui est de l’ordre de la vie, tout simplement. Dans les 3 profils, enfin, nous retrouvons une dimension de médiation avec l’environnement, avec l’institution, avec les professionnels, avec la famille…, avec tout cela à la fois.
II - CONSEQUENCES EN TERMES DE FORMATION DE JEUNES ET DE PÉRENNISATION DES POSTES Ces 3 profils de postes, bien que distincts, requièrent tous une importante dimension relationnelle, aussi bien en établissement que dans le cadre du maintien à domicile. 1. Formation : Par conséquent, apparaît la nécessité d’une formation permettant d’acquérir une véritable capacité d’écoute et de discernement face aux demandes des personnes âgées. Pour remplir des postes, ce ne sont pas des professionnels existants dont on a besoin. Bien entendu ces derniers doivent être formés à la dimension relationnelle de leur travail et contribuer au maintien du lien social, mais il s’agit de mieux sensibiliser l’ensemble de l’équipe, à partir d’une responsabilité mieux identifiée. Ceci paraît d’autant plus avéré dans des établissements associatifs : leur spécificité est d’être des lieux de vie avant d’être des lieux de soins, où le maintien du lien social l’emporte sur le technique (sans que celle-ci soit pour autant bien sûr réduite à la portion congrue). Pour ces personnels chargés de veiller au maintien du lien social et à son développement, il faut envisager des formations sur : - la connaissance des personnes âgées et des phénomènes de dépendance, de désorientation, de maltraitance… ; - l’organisation du travail (car l’emploi jeune doit savoir ce que fait chaque membre de l’équipe et comment leurs différentes tâches s’articulent, pour renvoyer les questions au bon endroit et aider chacun dans sa tâche…) ; - l’approche systémique (car il faut en permanence être capable de discernement dans des situations complexes et de propositions en vue de les dénouer) ; - la méthodologie de projet (à adapter au projet de vie de chaque personne). Ces différents volets de formations n’existent que séparément, à notre connaissance ; rassemblés dans un module ad hoc, ils pourraient constituer la base de la formation des jeunes accompagnateurs personnalisés ou développeurs du lien social. Pour les jeunes en place, on pourrait utilement avoir recours au nouveau dispositif de validation des acquis. En reprenant les 4 axes de formation évoqués, nous rejoignons la notion de médiation évoquée précédemment, ce qui permet d’envisager des équivalences en matière de niveau de formation, des passages possibles d’un secteur social à un autre, et plus facilement une validation des acquis associée à des modules de formation en alternance.
2. Pérennisation : Jusqu’à présent, les jeunes ne font pas partie des effectifs dont le tableau est approuvé chaque année par les autorités de contrôle ; ils ne sont pas, sauf exception, supportés par le budget des établissements. La question de leur pérennisation est à négocier dans le cadre des conventions tripartites de la réforme de la tarification. Nous visons la pérennisation des postes grâce au maintien de l’aide de l’Etat à l’issue des 5 ans via la signature de conventions pluriannuelles, et par la prise en charge de la différence dans la section « dépendance » du budget des établissements, solvabilisée par l’allocation d’autonomie en établissement ; ou par la création d’un CLIC à La Harpe de Massy (reconnue CLIC niveau 3).
La collecte de mémoire Dossier préparé par Étienne CORDIER, collecteur de mémoire (emploi jeune), hôpital local de Fismes (51) téléphone : 03.26.48.95.95 Ce présent document a pour but d'expliquer et de valoriser l'émergence d'un nouveau type d'emploi : la collecte de mémoire. Celle-ci répond à de profondes mutations de la société. En effet, le principe de l'histoire de vie (la mise en ordre d'un récit de vie, c'est à dire structurer l'énonciation de sa vie passée par le narrateur) connaît un essor continu depuis son introduction en France par Docteur BERTAUX en 1976. Et ce développement s'inscrit dans celui plus vaste de l'individualisme. C'est à dire de la mise en valeur de l'individu comme référence centrale de la société. Cet individualisme est né très lentement et plonge ses racines jusqu'à la Renaissance. Il fût aidé dans « sa quête » par de nombreux facteurs tant idéologiques (capitalisme ou christianisme) que sociaux (allongement de la vie, transformation de la mobilité sociale, …). Ainsi, on devine sa trace dans d'autres domaines de la vie sociale et culturelle comme le foisonnement des genres littéraires biographiques (ou autobiographiques), ou encore le succès des recherches généalogiques. C'est donc dans ce contexte qu'émergent les histoires de vie. Elles sont d'ailleurs prises en compte officiellement dans de plus en plus de disciplines. Si elles ont une dominante littéraire pour le groupe du Centre de Sémiotique Textuelle, elles ne sont plus négligées dans la recherche historique, notamment grâce à l'Association Internationale d'Histoire Orale, pas plus que dans de travaux sociologiques par le Comité de Recherche n° 38 Biographie et Société au sein de l'Association Internationale de Sociologie. Enfin, elles ont trouvé une explication concrète dépassant les strates disciplinaires dans le champ de « l'histoire de vie en formation » où les personnes pratiquant leur récit de vie travaillent à « la connaissance d'un soi suffisamment conscient pour orienter le devenir de sa réalisation ». Leur but est de remettre en ordre le passé pour comprendre leur présent et avoir prise sur leur futur. Le passé apparaît comme une ancre stabilisant nos vies disait Alex LAINE. Bref, l'histoire de vie semble au carrefour de plusieurs pratiques, dont la collecte de mémoire fait partie. Mais, celle-ci connaît également différentes facettes que nous allons éclairer. Puis, nous appuierons notre réflexion vers la collecte de mémoire en institution et ses corollaires pratiques et éthiques.
I - PRESENTATION GENERALE DE LA COLLECTE DE MEMOIRE Si le concept d'histoire de vie connaît plusieurs ramifications, il en est de même pour la « collecte de mémoire ». Celle-ci s'articule sur plusieurs niveaux, mais pris dans sa globalité, l'idée de collecte de mémoire voit le jour au sein de l'Association Francophone pour la Collecte de Mémoire. Cette association est fondée en 1999 par Monsieur CHRISTOLHOMME (sociologue), Madame Françoise POLET (Cadre Infirmier) et Monsieur Michel CHARLES (Directeur d'hôpital). Leur ambition étant de « favoriser l'émergence d'un métier, le développement des liens entre les générations et la constitution de notre patrimoine collectif de souvenirs » (cf. document 1 en annexe), bref de favoriser l'émergence du collecteur de mémoire. Si on se réfère au document 1 de l'annexe, « le métier de collecteur de mémoire consiste à recueillir les souvenirs des personnes âgées, à en assurer la conservation et la diffusion en utilisant les techniques et les moyens de communication modernes ». Cette définition amène plusieurs développements : tout d'abord, la collecte de mémoire s'est créée dans le cadre d'une réflexion générale sur la vieillesse. D'autre part, ce recueil de souvenirs auprès des « personnes âgées » connaît plusieurs finalités qui peuvent s'articuler entre elles d'ailleurs. Cette collecte de souvenirs peut être d'ordre sociologique quand elle s'attache à recueillir les souvenirs d'un groupe donné d'une population, c'est le cas pour le projet « Paris-Mémoire » qui édite une banque de données sur l'histoire et la vie de Paris au 20ème siècle, avec l'aide de 10 collecteurs travaillant sur un thème précis comme les tricentenaires, les métiers de la parfumerie, etc. Mais la collecte peut être également d'ordre culturel par le biais de la transmission des savoirs, par le fait de réactiver une culture orale en voie de disparition. Les souvenirs des personnes âgées constituent des gisements historiques qui permettent de saisir ce proverbe africain : « un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle ». Ainsi, la collecte de mémoire doit nous permettre de puiser dans ces souvenirs afin de nous approprier notre passé et de comprendre notre époque. Enfin, le « 3ème étage » de la collecte de mémoire a une fonction beaucoup plus sociale, il contribue déjà à redonner aux personnes âgées une utilité sociale et leur place dans la société. Mais, il peut également être source de bénéfices plus concrets, notamment dans le cadre d'une institution d'hébergement des personnes âgées.
II - LA COLLECTE DE MEMOIRE EN INSTITUTION Nous nous proposons dans cette partie d'aller plus en avant dans l'analyse de la collecte de mémoire en établissement. Outre les références bibliographiques, les différentes réflexions (tout comme dans la 3ème partie) sont également retirées de ma propre expérience de collecteur de mémoire à l'Hôpital Local de Fismes depuis juillet 2001, et de celle de mon prédécesseur durant 6 mois à l'établissement de SAINT-AMAND-LES-EAUX – Nord. Le métier de collecteur de mémoire en Maison de Retraite et en Long Séjour a donc pour objectif de valoriser les résidents, de transmettre leur savoir culturel à leur famille, mais également, et c'est plus novateur, d'améliorer leurs conditions de vie dans l'établissement. En effet, la personne âgée subit un traumatisme lorsqu'elle entre en institution, car cela équivaut à un renoncement total de ce « qu'elle a été jusque là ». C'est pourquoi outre des soins, du réconfort et de l'affection, on doit préserver l'identité des résidents et consolider son passé. Or, la collecte de mémoire permet une connaissance individuelle et approfondie des résidents, qui, bien souvent dans les institutions, ne sont connus qu'à partir de l'entrée ou des événements qui ont conduit à ce nouveau lieu de vie. Il convient alors d'arriver à connaître précisément la vie de ces personnes âgées. Cette connaissance « approfondie » du résident doit être partagée avec l'équipe soignante et hôtelière, dans le cadre de réunions de synthèse régulières regroupant le psychologue, l'assistante sociale, l'animateur, les surveillantes, les infirmières, les aides-soignantes et le collecteur. Ces temps de travaux interdisciplinaires doivent permettre l'élaboration d'un projet de vie individuel adapté au passé de la personne, c'est-à-dire qu'il faut laisser les personnes âgées exprimer leurs désirs, leurs rêves (reliés à leur passé), et proposer une réponse adéquate à leurs aspirations. Ainsi, la collecte de mémoire doit s'inscrire dans un plan d'intervention individualisé et interdisciplinaire au service du projet de vie de la personne âgée (cf. N. DELLE-VERGINI) favorisant donc une prise en charge individuelle, mais aussi personnalisée du résident. Par exemple, en discutant avec Madame T., j'apprends que son frère aîné fut champion de France de boxe dans les années 1950 aux côtés de Marcel THIL (qui notons le pour les néophytes fût champion du monde), et elle précise alors qu'elle a assisté à pratiquement tous les combats de son frère pendant plus de 10 années, car elle n'a pas pu revoir de match de boxe depuis son entrée dans l'institution. Cette information est alors transmise à l'équipe pluridisciplinaire lors de la réunion de synthèse concernant Madame T., qui réfléchit à la façon de pallier ce manque. Cette réflexion s'inscrit d'ailleurs sur plusieurs niveaux. S'il faut lui rappeler de regarder le programme télé pour repérer les combats de boxe diffusés, afin de « l'installer » devant un écran, cela devrait concerner les aides-soignantes ; si en revanche, il a été décidé de l'emmener à Bercy voir un gala de boxe, cela concernerait plutôt l'équipe d'animation (en concordance avec l'administration). Bref, par le biais des informations recueillies par le collecteur de mémoire, l'équipe pluridisciplinaire monte une réflexion centrée sur le résident, permettant, quand cela est possible, de lui apporter un bénéfice immédiat en retour. Donc, le fait de « collecter » les souvenirs des résidents permet le plus souvent de leur offrir des bénéfices en retour quant à leurs conditions de vie dans l'établissement. C'est l'objectif principal de la collecte en établissement (documents 2 et 3). Il est important d'ailleurs de préciser de suite que cette collecte de mémoire doit également porter sur les résidents atteints de démence. Le fait de lui restituer sa propre histoire de vie (avec la contribution de ses proches si cela est possible) l'aide à maintenir une continuité entre son passé, son présent et son avenir (cf. article de la Revue de Gériatrie). Mais, si la conversation semble délicate, il ne faut pas les isoler. On peut utiliser d'autres rapports comme la musique ou à la peinture, etc., et travailler peut-être plus spécifiquement avec le psychologue sur ces cas précis. Mais, quoi qu'il en soit, il ne faut pas les exclure malgré les difficultés (plus ou moins lourdes) de communication, car il est important de rendre à ces personnes âgées leur place de sujet ainsi que leur dimension sociale, dans une existence où leur démence et leur apparente indifférence vis-à-vis de leurs proches, tendent à les exclure de toute vie familiale et sociale. Aussi, la collecte de mémoire en institution doit-elle s'attacher à toucher à tous les types de résidents. Mais, le métier de collecteur peut encore être perçu de façon plus vaste. Ainsi, Monsieur CHRISTOLHOMME pense que le collecteur doit participer à l'entrée d'un résident en entreprenant, avant son arrivée, une recherche biographique méthodique. Ainsi, l'établissement préparera son accueil en fonction de l'analyse du collecteur qui se serait rendu au domicile de la personne âgée et chez ses proches afin d'obtenir les plus d'informations possibles permettant une facile intégration. En ce cas, le collecteur participerait presque aux décisions d'entrées ou non des futurs résidents. Cette proposition quant à la fonction du collecteur reste à débattre, mais elle montre les vastes possibilités d'investigation du collecteur de mémoire. Mais, quelles que soient ses attributions, (et fonctions), le fil conducteur de ce nouveau type d'emploi reste le dialogue avec les personnes âgées, afin de connaître au mieux leur vie. Mais, il s'agit de manier avec une infinie précaution ce principe, notamment dans sa dimension déontologique.
III - LA COLLECTE DE MEMOIRE ENTRE METHODOLOGIE ET DEONTOLOGIE Je tiens à préciser que cette partie ne compte pas apporter de réponses toutes faites à ces questions, mais plutôt de participer à la réflexion sur ce métier qui doit d'ores et déjà s'organiser autour de l'Association Francophone pour la Collecte de Mémoire avec l'aide des différents types de collecteurs. La méthode pour collecter les mémoires ne peut être détachée de la déontologie, cette dernière orientant les pratiques de la première. Nous allons donc mener notre réflexion en articulant conjointement ces deux notions, en procédant par étape.
Œ La prise de contact Il est important que le collecteur se fasse connaître des résidents avant même d'entamer sa fonction. Pour ce faire, il apparaît nécessaire que celui-ci participe à des réunions, des animations avec les résidents. Il n'est pas obligé de se présenter directement en tant que « collecteur de mémoire », s'il ne veut pas effrayer le pensionnaire comme représentant un « inquisiteur du souvenir ». Mais, à terme, sa fonction et ce titre devront être connus de tous, car il incombe au collecteur, sûrement avec l'aide du personnel, de rassurer et d'expliquer à la personne âgée à quoi il sert dans l'institution. Lorsque le collecteur rencontre, dans le cadre du recueil de sa mémoire, un résident pour la première fois, il y a deux cas de figure : soit cette personne est au courant du métier et c'est elle qui a manifesté le désir de se raconter en histoire, soit cette personne a été « désignée » par le groupe de réunion interdisciplinaire dans le cadre du projet de vie et auquel cas, comme disait Marjorie DUMONTIER (La Prée) « collecter la mémoire (…) n'est pas une mince affaire quand les personnes détenant cette mémoire ne vous en font pas la démarche ! » Il faut que le collecteur ait établi des relations sincères, de confiance avec les personnes âgées, et peut-être accepteront-elles de se raconter. Si elles devaient refuser, qu'advient-il de son projet de vie ? Doit-on y revenir plus tard ou tout arrêter ? Il semble hors de question, de toute façon, d'engager un récit de vie avec une personne n'ayant pas accepté pleinement et volontairement de s'y livrer. Alors, se pose le « problème » des personnes démentes, il est permis de douter de leur envie si celles-ci ne sont pas conscientes de leurs propos. La famille peut en outre vous soupçonner de manipuler leur parent. Et il est possible que le collecteur puisse, sans même le vouloir, « forcer la main » de ces résidents afin qu'ils parlent. Ainsi, si le principe de retracer leur vie semble bénéfique pour les déments, il faudra une grande attention déontologique au collecteur pour ne pas outrepasser ses droits. Il faudrait d'ailleurs établir une « charte » de la collecte vis-à-vis de la démence en institution. Au minimum, semble t-il, il faudrait l'accord de leur famille. Cette question, de toute manière, est à creuser.
L'entretien Nous entrons là au cœur du sujet. D'un point de vue technique, l'entretien se déroule à 2, souvent dans la chambre du résident, mais cela peut-être également en promenade, dans le jardin … Le collecteur doit posséder un enregistreur afin de ne rien perdre des dires de la personne âgée, mais il doit impérativement lui demander l'autorisation de s'en servir. Si celle-ci se méfie du dictaphone ou ne semble pas à l'aise, le collecteur peut revenir à la technique de la prise de notes. Au préalable à tout entretien, il s'agit d'établir un contrat de confiance avec le pensionnaire. Ce contrat tient en plusieurs points, tout d'abord la relation qui se noue entre le chercheur et le « recherché » est très importante, il doit y avoir confiance et même complicité entre les 2 protagonistes. C'est d'ailleurs celle-ci qui va (qui doit) les placer sur un pied d'égalité. Car ce contrat met en valeur la personne biographée elle-même et non plus seulement son savoir, ainsi il y a réciprocité dans le dialogue : « non pas seulement apprendre aux Vieux et donner ; mais apprendre du Vieux et recevoir de lui ». Donc, les qualités du collecteur qui découlent de cet impératif sont qu'il doit posséder de grandes capacités d'écoute, des facilités relationnelles, une sympathie non feinte envers la personne âgée, et sûrement une dose non négligeable d'altruisme. L'autre point de ce contrat entre narrateur et narrataire représente les « modalités » de l'engagement de la personne âgée. Il s'agit de la part du collecteur de lui rappeler sa liberté de parole ; il peut aborder les sujets qu'il veut, et surtout ne pas se sentir dans l'obligation d'aborder ceux qu'il ne désire pas. Dans un certain temps il faut lui assurer la stricte confidentialité de ses propos ; lui expliquer dans quels buts ils sont glanés, a qui vont-ils être révélés et obtenir son accord. Il en va de même pour une possible exploitation anonyme dans le cadre d'une recherche universitaire. Lors de ces entretiens, il arrivera au collecteur de recevoir des confidences de la part de certaines personnes âgées et parfois d'entendre ce qui aurait pu ne jamais être dit. Dans un premier temps, le collecteur doit retenir la valeur thérapeutique de cette confidence qui soulage la personne âgée. Ensuite, ce n'est pas au collecteur de décider de ce qui sera vraiment confidentiel ou non ; est confidentiel ce que la personne âgée a définit explicitement comme tel. De ceci, le collecteur n'a évidemment pas à divulguer ce qui a été confié en confidence. La règle du silence s'applique également aux aveux qui pourraient nuire ou blesser d'autres personnes que celles qui les ont faits. Outre ces problèmes particuliers et pointus, il arrivera fréquemment lors de ces entretiens que le narrateur se laisse aller à de nombreuses anecdotes, voire à des digressions importantes. Auquel cas, il est bon de rappeler que le collecteur doit mener un entretien libre et ouvert, et que des aptitudes de compréhension, d'empathie et d'ouverture à l'autre ne sont pas de trop et qu'il ne doit en aucun cas diriger l'entretien. Mais, il doit faire attention à l'état d'esprit de la personne, et si il la perçoit dans une attitude émotive dangereuse, au bord de « craquer », il peut dans ce cas « recadrer » la discussion, du moins inviter la personne à changer de sujet, si elle le désire. Le nombre d'entretien et la durée sont à la libre volonté du couple « collecteur-résident ». Il semble juste important que le travail s'arrête sur une « bonne fin », c'est à dire que les deux parties ont le sentiment que les choses importantes ont été dites. Cela revient à ce que l'ont pourrait nommer une interruption concertée des entretiens.
Ž Retranscription-transmission Il faut faire une transcription intégrale des entretiens. C'est un travail long et fastidieux. Ensuite, se pose la question de la présentation du récit : le présenter dans sa forme brute ou le mettre en forme ? Comme il faut que le récit soit facilement lisible par d'autres personnes, il semble plus judicieux de le mettre en forme, c'est à dire supprimer certaines hésitations telles que « euh » ou « boh », remettre certains mots en ordre dans les phrases, mais surtout le fil conducteur du récit se doit être la trame chronologique de leur vie afin de faciliter la compréhension du récit et de pouvoir trouver le « sens »de son histoire. Entre temps il est nécessaire d'apporter à la personne âgée chaque transcription d'entretien afin que celle ci conserve un droit de regard, donne son avis et puisse corriger les éventuelles erreurs ou imprécisions. Bref qu'elle prenne part entière à son récit. Quant à la question de la transmission de ces histoires de vie c'est celle qui doit susciter le plus de précaution. Il s'agit de savoir quoi transmettre, à qui, et dans quelles circonstances ? La transmission à la personne qui s'est confiée ne pose pas de problème particulier. Elle a suivi l'évolution des entretiens, et a donné son accord à chaque transcription. Il y a ensuite la transmission à l'équipe pluridisciplinaire et au personnel de l'établissement. C'est l'un des points les plus sensibles car il faut trouver le point d'équilibre entre le respect de la personne âgée (et du contrat passé avec) et le travail « d'analyse » de l'équipe. C'est à dire qu'il y a des informations confidentielles à taire lors de la transcription, mais dans le même temps, elles peuvent apparaître nécessaire à la compréhension de la personne et à son projet de vie. Alors, faut-il taire ces informations ? Ou établir autour de l'équipe une sorte de « secret professionnel collectif » ; rien ne sort de la pièce ? Dans le même temps dans un établissement où le personnel se connaît très bien, ne peut-on craindre qu'au bout d'un certain temps tout le personnel soignant soit au courant de tel ou tel événement de la vie du résident. Et dans ce cas cette connaissance accrue de la personne fasse évoluer le comportement du personnel dans une optique plus négative ? Ces questions n'ont pas de réponses propres. Il s'agit, a mon avis, au collecteur de faire avec sa sensibilité personnelle et peut être, voir sûrement, de travailler de façon plus poussée et plus proche avec le psychologue de l'établissement, qui déjà confronté au problème du secret professionnel peut être d'un grand secours pour un collecteur débutant dans la structure. Enfin, il y à la transmission du récit de vie à la famille. De la même manière qu'avec le personnel il y à des précautions à prendre. La plus importante, je crois, est de faire attention de ne pas remplir le rôle du « confident », c'est à dire qu'il peut arriver que la personne âgée vous apprenne un lourd secret de famille dans le but que vous le révéliez à la famille à sa place. Ce n'est pas au rôle du collecteur que de démêler les destinés d'une famille. Dans ce cas il faut en faire abstraction dans la rédaction de l'histoire de vie. Ce collecteur de mémoire aide la personne âgée dans l'institution, pas dans ses relations familiales.
Conclusion Le collecteur de mémoire apparaît alors comme un élément clef de la prise en charge individualisé du résident. Il sort du cadre strictement "clinique" de l'établissement, en établissant des relations d'écoute, de confiance et même d'amitié avec les personnes âgées. Il est plus à même de recevoir leur parole de ce fait, paroles qui soulagent d'elles-mêmes le résident et qui permet également de leur apporter des solutions personnalisées de vie. Ainsi, le collecteur apparaît comme un personnage « pivot » de la maison de retraite, entre le personnel soignant, à qui il va permettre de mieux connaître les résidents qu'il prend en charge, ce qui fait évoluer les comportements, et les personnes âgées qui auront une personne pour se raconter, pour prendre conscience de leur identité et de leur personnalité que beaucoup laissent à la porte de la maison de retraite. Donc, il m'apparaît que le but final à long terme du collecteur serait d'améliorer la qualité de vie tant du personnel dont on connaît les dures réalités de leurs conditions de travail, que des résidents. C'est sur ce dernier point qu'il faut insister, car il me semble que la fonction de ce nouveau type d'emploi doit s'inscrire dans la réflexion menée sur les projets de vie individualisés, et doit aboutir sur un bénéfice immédiat pour la personne âgée en institution. Cette amélioration de leur qualité de vie doit être le gage de la « nécessité » du collecteur de mémoire en institution, au même titre que les psychologues ou assistantes sociales. Cette réflexion sur les projets de vie est également légalisée par l'arrêté sur le cahier des charges des conventions tripartites et par le projet de réforme de la loi du 30 juin 1975. Il est à noter pour conclure définitivement que le principe de ce nouveau métier de collecteur de mémoire n'est pas que le doux rêve de quelques « utopistes ». Comme il a été dit en introduction, ce concept d'histoire de vie est en pleine progression depuis une vingtaine d'années, que des Diplômes ESS de formation (comprenant l'histoire de vie) ont été ouverts à Tours et à Rennes, que des associations s'y intéressent, et même des particuliers qui pratiquent la collecte de mémoire d'eux même. Bref, Voici un métier passionnant, réunissant les passions de l'histoire et des relations humaines, qui s'inscrit dans l'évolution de notre société où la notion d'individu est plus que jamais présente ; jusqu'à un certain âge. Il importe au collecteur de faire disparaître cette barrière de l'âge en rappelant qu'individu et vieillesse n'ont jamais été et ne doivent pas être opposés.
Le guide hospitalier Dossier préparé par l’association APH, centre hospitalier Gustave Flaubert, Le Havre (76) Sur l'arrondissement du Havre, il est aujourd'hui possible de faire appel à un Guide Hospitalier, professionnel formé et habilité à régler les multiples problèmes « d'ordre non médical » qu'occasionne une hospitalisation d'urgence ou programmée. Afin de bénéficier de ses services, il faut faire explicitement la demande auprès de l'association d'Aide aux Personnes Hospitalisées (A.P.H), créatrice de ce nouveau métier, qui le mandate comme « guide référent » dans toutes les démarches liées à cette hospitalisation. Dans un premier temps, le guide hospitalier se déplace au domicile de la personne afin de s'enquérir des tâches à accomplir pendant son absence (courrier, plantes, placer les animaux domestiques. ..). Il se propose également de retenir une chambre dans l'établissement de son choix, de programmer les examens pré-opératoires prescrits par le médecin, d'effectuer les formalités administratives d'admission et de s'assurer de sa prise en charge par la Sécurité Sociale, sa mutuelle ou sa complémentaire santé. Pendant la durée du séjour, des visites quotidiennes permettent de recenser et de répondre aux besoins immédiats de la personne hospitalisée (petits achats) mais aussi de tenir informer ses proches de l' évolution de son état de santé conformément à ses instructions. Le jour de la sortie, il organise son retour à domicile ou le cas échéant, son transfert vers un établissement de convalescence. Il veille enfin à ce qu'elle dispose des médicaments prescrits et de services de soins ou d'aide à domicile afin de prévenir toute récidive. Le service apporté par le guide hospitalier au plan humain auprès du patient se double en fait d'un autre service rendu indirectement sur un plan économique aux établissements de santé. Une étude de faisabilité sur ce « nouveau service d'utilité sociale et collective » a révélé des coefficients d'occupation importants pour les courts et longs séjours dans les hôpitaux du Havre et de deux de ses agglomérations (Fécamp et Lillebonne) : respectivement 76,1 % pour 5,9 jours d'hospitalisation et 97,8 % pour 206 jours d'hospitalisation en moyenne. Or tout taux d'occupation supérieur à 75% est un indicateur de saturation. De plus, le prix d'une journée en milieu hospitalier public est de l'ordre de 3000 francs en court séjour contre 650 francs en long séjour. Favoriser le retour et le maintien à domicile notamment des personnes âgées ( 45 % de la population concernée) apparaît dès lors comme une alternative de choix aux surcoûts que provoquent les récidives ou le prolongement de la durée d'hospitalisation liés aux délais d'attente entre la prescription et l'admission en maison de convalescence par exemple (3 semaines en cas de forte activité). Des compagnies d'assurance, des mutuelles et des institutions du monde de la santé sont vivement intéressées par les économies substantielles attendues de l'action des guides hospitaliers menée depuis juin 2000. Expérimentation unique en France, elle a bénéficié de l' engagement financier ou technique de nombreux partenaires publics et privés (Conseil Général, Caisse des dépôts et Consignation, Mutuelle des Industries du Pétrole, Renault. ..) qui a permis l' embauche de 4 jeunes femmes rémunérées au SMIC. Agréée pour 20 contrats « emploi jeune », l'association A.P.H prévoit l'embauche progressive de 16 autres personnes jusqu' à fin décembre 2000. Sa stratégie de développement est aujourd'hui de rendre solvable le service grâce à son impact social: l'analyse des comptes a fait ressortir, au 31 décembre 2000, un déficit de 237407 francs qui se justifie par la gratuité de ce service. Les ressources d'un montant 232473 francs (subventions et dons extérieurs) ont été affectées en totalité au paiement des charges de personnel (353 287 francs) qui représentaient les principales dépenses de l'exercice. Toutefois l'association envisage dès 200 1 un résultat excédentaire grâce à la possibilité de contractualiser une prestation globale forfaitaire annuelle auprès d'entreprises (dans le cas des accidents du travail) et d'organismes de santé (personnes âgées ou personnes démunies relevant d'une aide sociale publique). La palette de services offerte par les guides hospitaliers apparaît ainsi comme une réponse adaptée aux diverses attentes tant des personnes hospitalisées que des professionnels du monde de la santé. Le Ministère de la Santé a d'ailleurs détaché une personne chargée de rendre compte du mode de fonctionnement de cette initiative exemplaire. Association A.P.H Les Guides Hospitaliers Directeur : Michel LEFEBVRE (02.32.73.35.47) Hôpital Flaubert, Le Havre
Fiche-métier emplois jeunes de l’ADEHPA Dossier préparé par l’ADEHPA (octobre 1997) B. BOITIER, Sceaux (92), M. CHARLES, St Amand les Eaux (59), P. CHAMPVERT, St Maur (94), G. MIAUT, St Lizier (09), S. PAUL, Nîmes (34). Dans le cadre de la mise en place des emplois jeunes, l'A.D.E.H.P.A. a été reçu par L. SALZBERG, chargée de mission à I'I.G.A.S. qui prépare avec J.B. de FOUCAULD le rapport de M. AUBRY sur les emplois jeunes dans notre secteur. Voici le document qui a servi de base à cette entrevue. L'ADEHPA a accueilli très favorablement I'adoption pour I'Assemblée Nationale du texte sur les emplois jeunes. Elle rappelle cependant au préalable que le secteur de l'hébergement et des services à domicile pour personnes âgées est notoirement sous-doté en personnel. Un réel effort de solidarité nationale est donc indispensable dans le secteur, au-delà des mesures sur les emplois jeunes. La réforme de la tarification annoncée pour les années à venir devra être la traduction de cet effort. Cette réforme ne pourra donc pas se faire à coût constant, ce qui reviendrait à diminuer notablement les moyens de certains établissements et donc à y supprimer des emplois ! Par ailleurs, l'ADEHPA souhaite que les Conseils Généraux et les caisses de Sécurité Sociale aident les établissements à créer des emplois jeunes en prenant à leur charge tout ou partie des 20 % complémentaires à l'engagement de l'Etat. propose que les emplois puissent être créés sur plusieurs établissements voisins passant convention, quand la tâche n'occupe pas un jeune a plein temps sur une seule structure. propose que les Conseils Généraux et les Conseils Régionaux assurent le financement d'une formation pendant le contrat ; le coût peut être évalué à 2 % des salaires des jeunes. demande le maintien des dispositifs précédents (CES . Contrats en alternance...). souhaite que les établissements publics puissent recruter directement les jeunes sans passer par le biais d'une association « écran ». demande que le temps passé en emplois jeunes soit reconnu par équivalence aux diplômes exigés pour permettre des recrutements sur titre. (Pour les métiers nouveaux, des mentions nouvelles doivent être créées pour qualifier à la fois la pratique professionnelle et la formation d'adaptation à l'emploi). - rappelle enfin que I'intégration des jeunes concernés dans les établissements ne posera pas de difficultés au bout de la période de 5 ans, compte tenu des besoins du secteur liés I'évolution démographique d'ici 2002. L'ADEHPA propose 11 types d'emplois nouveaux répondant aux besoins des personnes âgées en établissement. Ces emplois ont pour but de renforcer les savoir-faire sanitaires et, au-delà, d'accélérer I'intégration des cultures hôtelières et psychosociale, et d'accroître I'ouverture des établissements.
I - RENFORCER LA CULTURE PSYCHOSOCIALE 1 - Psychologue NB : (ce métier n'est pas nouveau, mais l'absence de psychologues dans les établissements pour personnes âgées, compte tenu de l'impossibilité des structures à financer leur rémunération fait que leur arrivée constituerait une réelle nouveauté). ROLE : Etudier et traiter les rapports entre la vie psychique et les comportements personnels ou collectifs. Participer aux projets thérapeutiques au plan individuel et institutionnel. Niveau requis : - DESS de psychologie
2- SOUTIEN AUX FAMILLES ROLE : Aider moralement les familles des résidents à surmonter les problèmes lies au grand âge du parent hébergé (handicap, désorientation, préparation au décès...). Niveau requis : -licence de psychologie ou de philosophie.
3- AIDE A l'AUTONOMIE POUR PERSONNES DESORIENTEES ROLE : Aider le personnel à accompagner les personnes désorientées. Pour ce qui concerne les personnes démentes ou désorientées, le processus de « grabatisation » se fait par paliers, avec des moments de récession en fonction des phases traversées. Si, au moment de la crise, ou peu après, le personnel n'est pas disponible pour récupérer des acquis, alors il y a perte définitive d'une partie de I'autonomie et chute vers une plus grande dépendance. La mission des "aides à I'autonomie" consisterait d'être présent à ces moments (ex. : suite d'accidents vasculaires cérébraux...) pour aider à récupérer la marche, I'habillage, la toilette. Par ailleurs, une des fonctions atteinte en premier dans ces pathologies est la parole. II s'agit là d'un handicap d'autant plus important qu'il concerne la base même des relations dans nos sociétés. Face à cette perte, la personne est fortement angoissée, et cette angoisse I'entraîne plus en avant dans la démence. Pour aider à ce passage, qui est certainement le plus difficile dans le vieillissement, il serait nécessaire de disposer de personnel formé à la communication non verbale. Ce personnel pourrait encadrer des ateliers qui mettraient en jeu d'autres fonctions valorisantes pour la personne et permettrait au résident de communiquer. Niveau requis : . BEP sanitaire et social - DEUG de psychologie
4 - ADJOINT D' ANIMATION ROLE : Aider les animatrices ou les personnels chargés de I'animation à développer des activités nouvelles ou à individualiser des activités aujourd'hui réservées aux groupes : sorties personnalisées séjours vacances Niveau requis : BAFA BEATEP Diplômes artistiques. - sans diplôme si qualités relationnelles importantes.
5 - COORDINATEUR DE BENEVOLES ROLE : . Ouvrir I'établissement sur la ville en favorisant et en développant le bénévolat - Assurer le recrutement de bénévoles sur la base de la Charte du Bénévole et du Règlement Intérieur de I'établissement - Coordonner, en relation avec le service animation/ I'activité des bénévoles au sein de la structure - Garantir auprès des personnes hébergées le rôle du bénévole dans le respect de la déontologie - Participer à la rédaction et la réactualisation du projet de vie pour la partie qui le concerne - Participer à la rédaction du rapport d'activité et du rapport d'animation pour la partie qui le concerne. Niveau requis : BAC + 3 : Philosophie, psychologie, sociologie, sciences humaines... Il est important que soit reconnue dans le recrutement l'activité en tant que bénévoles des candidats.
6- AIDE D'ACCOMPAGNEMENT DE NUIT ROLE : Assister I'agent qui est seul la nuit dans les petits établissements Niveau requis : BEP sanitaire et sociale
II . RENFORCER LA CULTURE HOTELIERE 7 - AIDE D'HOTELLERIE ROLE : Développer le savoir-faire hôtelier dans les établissements. Aider les personnels chargés de la restauration au service du repas et à l'organisation de ce service. Niveau requis : . CAP . BEP - BAC PRO suivant les responsabilités - BTS
8 - AGENT HOTELIER . SPECIALITE LINGERIE ROLE : Assurer la communication entre le service de buanderie, lingerie et les différents interlocuteurs : résidents, familles / personnel soignant - Informer les résidents des délais de retour de leurs vêtements - Aider aux recherches en cas de perte et élaborer les inventaires à I'entrée et à la sortie - Accompagner les résidents dans leurs achats vestimentaires Niveau requis : - CAP lingerie ou couture Qualités requises : capacité d'écoute, patience, bon sens, sens des relations humaines.
III- ACCROITRE L'OUVERTURE SUR L'EXTERIEUR 9 - AGENT DE COORDINATION GERONTOLOGIQUE ROLE : Permettre aux établissements qui le souhaitent de proposer dans leur zone d' attraction, des activités non couvertes par les structures de soutien à domicile existantes. Les fonctions peuvent être très variées en fonction des réalités locales : - Portage de repas à domicile - Entretien du linge - Petits travaux à domicile . Développement de I'accueil de jour, de nuit, temporaire... Les activités développées seront placées sous le contrôle du Chef d'établissement et pourront faire I'objet d'une intégration dans les conventions tripartites. L'objectif est de montrer les besoins existants et d'élaborer des solutions dont il conviendra de trouver à terme les financements relais. Niveau requis : Laissé à l'appréciation du Chef d'établissement en fonction des tâches à développer.
10 - AIDE DEMENAGEUR ROLE : Aider ou déménagement de résidents à leur entrée, surtout s'ils sont très isolés sur le plan social, afin que chacun puisse apporter ses meubles chez lui. Niveau requis : - pas de diplôme.
11 - SURVEILLANTS POUR ENFANTS DU PERSONNEL ROLE : Etre à la disposition du personnel, dans la structure, pour accueillir les enfants en dehors des périodes de crèche ou d'école. Garde éventuelle d'un enfant ne pouvant se rendre à I'école pour un problème de santé sans gravité... Avantages pour I' établissement : - baisse de I'absentéisme - animation renforcée par la présence d' enfants dans les locaux. Niveau requis : - auxiliaire de puériculture ou sans diplôme pour enfants plus âgés. |
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